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Doit-on adhérer à la tendance du « slow media » ?
16 mars 2019     #Communication

Pour contrer l’immédiateté et l’instantanéité caractéristiques de la société moderne occidentale, la tendance « slow » s’est répandue dans de nombreux secteurs comme l’art, l’habillement ou la gastronomie. Aujourd’hui, le concept a atteint le secteur du journalisme avec le « slow media », et va à l’encontre de l’infobésité, qui nous fait passer à côté de l’information pertinente.  

 

Qu’est-ce que le slow media ?


L’émergence d’Internet a totalement changé notre façon de consommer l’information, toujours plus rapide, allant même jusqu’à la désinformation. Le « slow media », c’est tendre vers des articles plus longs, pas nécessairement en rapport avec l’actualité et qui n’ont pas été traités par la concurrence. Cette tendance incite à prendre son temps, à creuser les sujets, à investiguer. Elle pousse à utiliser les outils informatiques de façon plus modérée et favorise la presse papier. Finalement, le mode de production journaliste et médiatique est plus lent, et se solde par un article ou un reportage plus long, plus détaillé, plus profond, au contraire d’un média de réaction.  

 

Comment le « slow media » a-t-il émergé ?

 

Le « slow media » apporte une alternative à la prolifération des médias et des canaux de diffusion qui sollicitent le lecteur 24 heures sur 24. Aujourd’hui, celui-ci est moins concentré, il lit moins de 30% d’une page Internet, il consulte plusieurs sites en même temps et « zappe », comme sur une télévision. Avec le « slow media », le lecteur peut prendre son temps pour lire un reportage complet sans être distrait par des bannières publicitaires. Le « slow journalism » mise aussi plutôt sur la presse papier, dont la durée de vie de l’information est plus longue que sur Internet. Côté journalistes, ceux-ci reçoivent plusieurs centaines d’e-mails par jour, pas forcément pertinents ni ciblés. Pas étonnant que cette surcharge d’informations les incite à sortir du bureau pour mener des enquêtes sur le terrain. Même si cela prendra plus de temps, l’article qui en ressortira n’en sera que meilleur.  

 

« Slow media » et journalisme traditionnel sont-ils opposés ?


Le journalisme plutôt traditionnel, sur support papier ou sur Internet, n’est pas le contraire du « slow media ». Même si ce-dernier mise sur la longueur et la profondeur des articles publiés, cela ne signifie pas que ce qui n’est pas slow est de moindre qualité. La valeur de l’écriture ne doit pas être jugée sur la longueur de l’article. Le « slow journalism » utilise par ailleurs les mêmes codes que les articles « fast », avec des titres, sous-titres, citations, images etc. C’est simplement l’utilisation qui en faite qui est différente. Les lecteurs adeptes de la lenteur et du plaisir de lire ne rejettent pas pour autant la technologie et s’adonnent également volontiers à la lecture d’articles « de bureau ».